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Le luthier

Le luthier

Après un apprentissage en lutherie effectué à Paris chez Victor Rambaux, Auguste Tolbecque se passionne pour la reconstitution d’instruments anciens observés sur des gravures et des enluminures.

Il mène ses travaux avec la rigueur d’un véritable archéologue et étudie minutieusement les anciennes représentations des instruments sans céder à la création de décors fantaisistes. En 1875, il installe son atelier de lutherie dans sa demeure du Fort-Foucault.

Dans une plaquette publiée en 1890 sous le nom de « Quelques considérations sur la lutherie », il dénonce la priorité accordée au caractère esthétique des instruments sur leur sonorité. Il désignera également la qualité moindre des productions de violons en série.

 

Auguste Tolbecque reconstitue un grand nombre d’instruments anciens et expose trente-trois de ses œuvres depuis une lyre grecque jusqu’aux violes renaissances à l’Exposition Internationale du Théâtre et de la Musique à Paris dont il remporte le Grand Prix.

De cette recherche tournée vers le passé, Auguste Tolbecque réalise ainsi un crouth trithant, instrument connu sur des miniatures datant de l’époque carolingienne jusqu’au moyen-âge.

Également tourné vers l’avenir, il entreprend des recherches sur la sonorité des instruments et réalise un violoncelle expérimental dont les éclisses sont perforées et remplacent les ouïes de la table.

 

Il se passionne également pour la reconstitution de violes de gambe, instruments datant de la période renaissance.

Certaines de ses réalisations sont ornées de décors qui n’ont sans doute pas toujours résulté de sa facture.

Pour l’une de ses œuvres, il s’inspire d’une peinture du Dominiquin, “Sainte Cécile”, à partir d’une copie gravée en sa possession.

Les ouïes et tables de ces instruments sont délicatement travaillées en courbes harmonieuses enrichies d’un décor de marqueterie et de pièces d’ivoire.

Différents motifs peints en noir ornent les instruments de végétaux et mascarons s’alliant ainsi aux armoiries de style renaissance.

Les têtes sont sculptées de personnages fantasques comme un buste doré de femme chantante, allégorie de la musique.

Ouvrage de référence et fruit de ses recherches paraît en 1903 “L’Art du luthier” qui expose toutes les étapes de conception d’un violon, enrichies par de nombreuses illustrations.

Auguste Tolbecque a toujours accordé un réel intérêt à l’enseignement et à la pédagogie. Il forme ainsi deux élèves, Joseph Pineau et Arthur Papot qui assurèrent une relève de qualité dans la grande maison Gand et Bernardel à Paris.

 

 Traduction de l’inscription dans le médaillon (par M. Rê)
“Vivant je fus dans les forêts, J’ai été tué par la hache cruelle. Tant que j’ai vécu je me suis tu, Maintenant que je suis mort je chante doucement”.

 

 

Anatomie d’un violon

Tête ou chevillet : Extrémité du manche.

Manche : Pièce de bois terminée par la tête permettant le placement des cordes et l’ajustement de leur tension au moyen de chevilles.

Caisse de résonance : Partie creuse comprise entre la table d’harmonie et le fond reliés par les éclisses.

Volute : Motif ornemental en forme de spirale décorant généralement la tête.

Cheville : Pièce généralement en bois disposée latéralement sur laquelle s’enroule chaque corde afin d’en régler la tension.

Sillet : Pièce généralement en ébène située à l’extrémité supérieure du manche dirigeant les cordes vers les chevilles.

Touche : Longue et fine pièce généralement en ébène plaquée sur le manche et permettant de poser les doigts sur les cordes.

Table d’harmonie : Face supérieure de la caisse de résonance bombée en érable et percée des ouïes.

Fond : Face inférieure de la caisse de résonance légèrement bombée en épicéa.

Éclisse : Ruban de bois courbé utilisé pour rassembler la table d’harmonie en érable et le fond afin de constituer la caisse de résonance.

Ouïe : Orifice taillé dans la table d’harmonie pouvant prendre des formes variables et disposé symétriquement sur un violon.

Chevalet : Pièce placée entre les cordes et la table d’harmonie permettant notamment de maintenir l’espacement entre les cordes.

Cordier : Pièce en bois ou en métal permettant à la fois de maintenir les extrémités des cordes mais également de régler leur tension au moyen de petits tendeurs.

Bouton : Pièce maintenant le cordier à la caisse par une attache.