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Années de jeunesse

Édouard Knoëpflin naît en 1861 à Paris. Fils illégitime de Marie Eugénie Fouaux, il est reconnu en 1874 par Charles Édouard Knoëpflin, négociant. Il semble qu’il ait peu connu sa mère.

Il étudie la sculpture et le modelage chez le sculpteur Bourdel et entre à l’École nationale des arts décoratifs en 1879.

En 1881-1882 il contracte un engagement d’un an dans l’armée, ce qui met ses études entre parenthèses. On le retrouve ensuite à Limoges : là-bas il continue sa formation et exerce son métier de faïencier quelques années avant d’arriver à Parthenay pour prendre, en 1902, la tête de la faïencerie fondée par Prosper Jouneau en 1882.
En 1889 il participe à la fondation de l’association “Collectivité des ouvriers chambrelans”, dont le but est la promotion des travaux de ses sociétaires. La même année il épouse Marie Hersant qui a participé à l’élaboration de certaines des pièces produites par lui, réalisant notamment des décors, y compris plus tard sur des pièces de Parthenay.

En 1893 la société réussit à envoyer 270 pièces créées par ses membres à l’exposition universelle de Chicago. Toutefois, suite à un désaccord international sur les modalités du concours qui devait accompagner cette manifestation, aucune pièce ne reçut de distinction. Il en va différemment lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1900, où l’envoi des chambrelans reçoit une médaille d’or.

​La petite fabrique de faïence

En 1902, Édouard Knoëpflin quitte Limoges pour prendre à son compte, selon ses propres termes, une petite fabrique de faïences d’art à Parthenay dont le directeur Henri Amirault a décidé de se retirer. Il se voit également offrir la direction de l’École municipale de dessin et de modelage appliquée à l’industrie, prenant ainsi la succession de Prosper Jouneau, premier directeur et fondateur de la faïencerie.

Le bail est signé à la fin du mois de mars entre Henri Amirault et Édouard Knoëpflin.

Édouard Knoëpflin fait construire un nouveau four pour soutenir ses recherches techniques et transformer la production de la faïencerie. Si il ne renie pas la production de ses prédécesseurs et la tradition dont elle est inspirée, il modifie la composition des pâtes et des colorations pour satisfaire ses exigences techniques et commence à produire des grès tendres flammés en plus du registre plus classique déjà popularisé par ses prédécesseurs.

En 1904 l’homme de lettres Louis Arnoult a ces mots pour décrire la situation de la faïencerie : “C’est ainsi que […] se débat avec l’énergie du désespoir, la faïencerie si artistique de Parthenay (Deux-Sèvres), actuellement aux mains d’un jeune céramiste de talent, M. Knoëpflin […] Comme se ferment les uns après les autres tous les ateliers industriels qui visent à l’art, brutalement tués par les fabriques mécaniques de toc et de clinquant, luxe à bon marché voulu par la vanité et la banalité de nos existences modernes”.

​Moules et modèles maîtres

Le musée de Parthenay possède quelques moules en plâtre appartenant à la production de Knoëpflin. Plus exceptionnel encore le musée de Parthenay dispose de deux modèles maîtres en plâtre. Ce sont des objets très fragiles, sortes d’originaux pour la création des moules et partant des pièces en faïence.

 

Autres témoins de la genèse des pièces on trouve également ces dessins techniques ayant été utilisés dans le processus créatif des pièces. On peut y relever une influence évidente de l’Art Nouveau.