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1907 – 1916 : l’école de dessin

La carrière de céramiste de Knoëpflin à Parthenay a connu deux époques distinctes, celle de la faïencerie puis celle, bien plus modeste, de l’école municipale de dessin.

Au début du XXe siècle les petites faïenceries, en concurrence avec des entreprises aux procédés de fabrication industriels, connaissent une situation économique difficile. Dès 1905 il est fait état de difficultés financières importantes pour celle de Parthenay.

En 1907, devant l’incapacité de Knoëpflin à payer son bail, Amirault ne renouvelle pas celui-ci. Édouard Knoëpflin vit très mal cette situation mais reste à la tête de l’école de dessin de Parthenay qui vient juste de se voir doter d’un petit four à faïence et qui va lui permettre de continuer à travailler.

Il a de hautes ambitions pour cette école et présente les travaux de ses élèves dans les salons et expositions. Notons, en 1908, la création de six médaillons réalisés d’après ceux visibles au château de Blois.

Malgré le succès d’estime de cette école les temps sont durs pour Édouard Knœ̈pflin. Il se voit refuser plusieurs postes qui lui permettraient de vivre mieux : en 1908 il n’obtient pas la chaire de dessin du collège de Parthenay, en 1912 sa candidature à la sous-direction de l’école des Arts Décoratifs est rejetée.

La Première Guerre mondiale ralentit considérablement les travaux de l’école, ainsi en 1916 seuls trois élèves y sont inscrits. Quand à Édouard Knœ̈pflin, il vit chichement, habitant dans l’école pour économiser un loyer. Il relate, à la fin de sa période parthenaisienne, ne pas avoir les moyens de se procurer des souliers ou un costume.

Les années parisiennes

Fin 1916 Knoëpflin quitte brutalement Parthenay où il survivait difficilement. On le retrouve à Paris dès mai 1917. On sait assez peu de choses de sa vie parisienne sinon qu’il occupe une activité salariée jusqu’en 1932 et qu’il continue en parallèle son activité de faïencier de façon indépendante jusqu’en 1941, vendant de petites pièces qu’il fait cuire où il peut, ne disposant pas des infrastructures nécessaires. On sait qu’il a par exemple pu solliciter la manufacture de Sèvres pour cuire ses réalisations.

La faïencerie après Knoepflin

Il paraîtrait injuste de terminer le cycle de la faïencerie de Parthenay sans parler de sa dernière directrice, présente depuis les débuts avec Prosper Jouneau, Clémentine Pétrault Émoneau (1869-1961). Issue d’une famille d’ouvriers agricoles saisonniers elle commence à travailler à 12 ans à la filature de Pompairin et rejoint la faïencerie en 1883 alors que Prosper Jouneau en est le directeur. Quand Édouard Knœ̈pflin prend la tête de la faïencerie Clémentine Émoneau est un des piliers de celle-ci. Elle a appris son art à Parthenay et maîtrisait parfaitement la décoration en pâte sur pâte, discipline délicate.

En 1907 elle reprend le bail de la faïencerie de Parthenay. La production se poursuit, marquée par une large prédominance des modèles “classiques”, aiguières, bonbonnières, soliflores… jusqu’à ce qu’Henri Amirault résilie le bail en 1910, ce qui met un terme à l’aventure de la faïencerie de Parthenay. Clémentine Émoneau retrouve rapidement un emploi salarié dans une boutique de mode, emploi qu’elle occupe jusqu’à sa retraite.