Joseph-Henri Deverin et les Monuments Historiques,

préserver et illustrer le patrimoine bâti.

La sauvegarde du patrimoine bâti

Au XIXe siècle, au sortir de la Révolution, naît le sentiment de la nécessité de préserver un patrimoine bâti menacé. En 1825, se faisant le relais de l’opinion Victor Hugo écrit, dans un pamphlet intitulé Guerre aux démolisseurs : « il faut le dire et le dire haut, cette démolition de la vieille France, que nous avons dénoncée plusieurs fois sous la restauration, se continue avec plus d’acharnement et de barbarie que jamais ».

Si une Commission des Monuments est créée dès 1790 elle reflète le chaos de l’époque. Dans le contexte de la Révolution les monuments et objets perçus comme des symboles de l’Ancien Régime sont tour à tour voués à la destruction ou à être sauvegardés.

Il faut attendre la Monarchie de Juillet pour que soit créé un poste d’inspecteur des monuments historiques confié à Ludovic Vitet avant d’échoir en 1834 à Prosper Mérimée.

Vue extérieure de la façade de l'église de Saint-Jouin-de-Marne (Deux-Sèvres)
Église de château-Larcher

La Commission des Monuments Historiques et le corps des architectes en chef

En 1837 est instaurée la Commission des Monuments Historiques, composée de sept membres et qui publie, en 1840, une première liste de 1082 monuments dont la conservation nécessite l’allocation de crédits et une intervention de préservation.

Une loi promulguée en 1887 pose les jalons de la protection des biens immeubles publics ou privés. Une fois classé, un monument ne peut être restauré, modifié ou démoli sans l’aval du ministre des Beaux-Arts.

C’est en 1893 que les architectes des Monuments Historiques se constituent en corps, avec l’organisation du premier concours de recrutement. Le titre d’architecte en chef apparaît quand-à lui en 1897.

 

Joseph-Henri Deverin

Joseph-Henri Deverin (1846-1921) est architecte, diplômé de l’École des Beaux-Arts de Paris en 1871. Il rejoint la Commission des Monuments Historiques en 1877, et est nommé sur titre architecte en chef des Monuments Historiques en charge de la Vienne (à l’exception de Poitiers), des Deux-Sèvres et plus tard de la Vendée et de la Loire-Atlantique puis de la cathédrale de Luçon.

En Deux-Sèvres il dirige la restauration de l’église de Saint-Jouin-de-Marnes. Celle-ci est dans un état tel que Prosper Mérimée l’avait écartée de la première liste des Monuments Historiques, doutant de l’intérêt de restaurer un édifice aussi ruiné. Pourtant les travaux entrepris entre 1888 et 1909 permettent de sauver l’édifice.

Deverin intervient également à Airvault pour des travaux de restauration de l’église Saint-Pierre.

Il est l’auteur de plusieurs projets de restauration comprenant une réhabilitation du Palais Royal et un projet d’aménagement du château de Nantes. Il réalise un hôtel particulier de style néo-gothique au 68 rue Ampère à Paris, bâtiment qui est aujourd’hui inscrit sur la liste des Monuments Historiques.

Vue du transept et de l'abside de l'église de Lusignan,

La documentation des monuments en Poitou et Basse-Loire

Parallèlement à sa mission, Deverin travaille à un ouvrage illustré sur les monuments du Poitou et de la basse-Loire, ouvrage qui n’aboutit pas, mais pour lequel il réalise de nombreux croquis qui nous permettent d’apprécier, au-delà d’une simple documentation technique des bâtiments visités, la justesse du trait et la réelle sensibilité artistique de l’architecte. Églises, châteaux et ouvrages d’art sont mis en scène dans leur environnement ou isolés pour faire ressortir des détails de l’architecture dans de véritables portraits encrés.