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Mer calme

Louis Augustin Auguin, 1885

Un peintre paysagiste proche de Corot et Courbet

Louis Augustin Auguin (1824 – 1903) est un peintre paysagiste français né à Bordeaux. Il étudie la peinture à Paris auprès de Jules Coignet et de Camille Corot. Après la révolution de 1848 où il s’est fortement impliqué il décide de s’installer à Cognac.

Avec Corot ainsi qu’avec Gustave Courbet et Hyppolite Pradel il forme dans les années 1860 un atelier baptisé “groupe du Port-Berteau” dont l’activité débouche en 1863 sur une importante exposition à Saintes. La même année il transfère son atelier à Bordeaux.
C’est pendant cette période qu’il découvre le littoral bordelais et le bassin d’Arcachon : de cette découverte naît une passion pour les paysages de bord de mer.

La dune, la mer, le ciel…

C’est le début d’un travail où la mer prend un rôle d’abord timide, puis de plus en plus important. Le peintre qui a su dresser des portraits si justes de sa Saintonge natale confronte son regard à la lumière et aux eaux et en profite pour expérimenter de nouveaux modes d’expression.

Il est évident que les réflexions des impressionnistes ont influé sur son œuvre ; les immenses aplats de ciel se fondent dans la mer en touches larges ou en à-coups rythmés qui laissent apparaître la trace de l’outil, apportant une vie particulière dans ses compositions. Auguin, confronté à ces paysages toujours changeants, transcende son style de peinture et y apporte une recherche du ressenti et de l’éphémère qui se fond dans une lumière limpide.

Cette série de mers calmes qui appelle la comparaison avec l’œuvre de Whistler pourrait être une réponse et une antithèse à la célèbre série des mers orageuses peintes par Courbet quinze ans auparavant à Étretat. Affranchi de l’ascendant de son maître — alors que la presse nationale le présente souvent comme son continuateur — Auguin pousse très loin la recherche des demi-teintes, dans une gamme de tons clairs. À la puissance qui identifie Courbet, il oppose l’évanescence, à la force, la délicatesse, à la violence, la sérénité, et la vision qu’il impose du littoral atlantique trouve ici sa pleine légitimité.

"La vision littorale des Charentes-Maritimes par le peintre Louis-Augustin Auguin (1824-1903)", Jean-Roger Soubiran in "Terres marines", Frédéric Chauvaud et Jacques Péret (dir.)

Retrouvez plus d’informations sur la vie de Louis Augustion Auguin dans l’exposition virtuelle “De l’influence de Courbet en saintonge” consultable sur “La Revue”

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