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Chasse d'un caïman au Havre Carteret (Nouvelle Irlande), planche n° 107 de l'atlas de voyage de "L'Astrolabe"

Scène de chasse au caïman. Gravure d’après Louis-Auguste de Sainson. Collections des musées de Rochefort.

Jules Dumont d’Urville

Jules Sébastien César Dumont d’Urville (1790-1842) est un officier de marine français et explorateur qui réalisa plusieurs circumnavigations scientifiques. Né dans le Calvados il s’engage dans la marine à 17 ans. Jeune homme curieux, il s’intéresse aux langues étrangères, à l’astronomie, à la biologie ou à la géologie et il montre un vif intérêt pour les expéditions scientifiques qui partent à cette époque à la découverte du globe.

L’émulation scientifique du début du XIXe siècle

En effet, depuis le milieu du XVIIIe siècle L’Académie des sciences française et la Royal Society britannique sont en concurrence pour la mise en place d’expéditions de découverte dans les terres australes. Cette rivalité va donner lieu aux expéditions dont les noms résonnent encore aujourd’hui dans les mémoires : Bougainville, Cook, ou bien sûr Dumont d’Urville sont perçus comme des synonymes de l’esprit scientifique de l’époque. Ces voyages sont l’occasion de faire progresser non seulement les connaissances en géographie, mais également en astronomie, en botanique, en géologie… C’est par exemple une expédition de Bougainville qui permet de résoudre le problème du calcul de la longitude grâce à la méthode astronomique. James Cook de son côté confirme l’existence du continent austral. Français et anglais profitent également de ces expéditions pour revendiquer des terres et faire grandir leurs empires.

La Vénus de Milo, Bougainville et l’Antarctique

Il participe en 1819, en tant qu’enseigne de vaisseau sur la gabarre Chevrette à un première expédition en Mer Noire et en Grèce. Si il ne la découvre pas c’est lui qui attire l’attention de l’ambassadeur de France à Constantinople sur l’importance particulière d’une statue récemment découverte lors de son passage sur l’île de Milo… la Vénus éponyme.
En 1822 il embarque en tant que commandant en second sur la Coquille, gabarre grée en goélette et commandée par Louis Isidor Duperrey. Cette expédition de trois ans est le premier des trois tours du monde de Dumont d’Urville.

En 1826, cette fois en tant que capitaine de la Coquille rebaptisée Astrolabe en l’honneur d’un des naviers de Bougainville, il entreprend sa deuxième expédition autour du globe. Lors de ce voyage il découvre, à Vanikoro dans les îles Salomon, les restes de l’expédition de La Pérouse disparue en 1788 après une dernière escale connue à botany Bay en Australie.

Les planches représentées ici ont été réalisée lors de ce second voyage. Les expéditions scientifiques de l’époque embarquaient scientifiques et artistes pour dresser cartes et relevés des découvertes réalisées et c’est le dessinateur officiel de l’expédition Louis-Auguste de Sainson (1800-1874) qui a réalisé la plupart des illustrations qui nous permettent aujourd’hui d’appréhender cet extraordinaire voyage.
Louis-Auguste de Sainson est un peintre et dessinateur parisien spécialisé dans les sciences naturelles. il ramène plus de 500 dessins, destinés au Muséum, de ce voyage. Les gravures tirées de ces dessins ont été publiées dans un ensemble de recueils intitulé Dumont d’Urville : Voyage de la corvette l’Astrolabe.

Entre 1837 et 1840 Dumont d’Urville commande sa troisième expédition autour du monde, toujours aux commandes de l’Astrolabe qui se voit adjoindre la corvette La Zélée. Cette fois il a reçu de Louis Philippe l’ordre d’aller à la découverte du continent Antarctique. Lors de ce voyage il reconnait et nomme, d’après le prénom de son épouse, la terre Adélie.

La mort de Dumont d’Urville

Ironiquement Dumont d’Urville ne meurt pas en mer mais il périt lors d’un voyage entre Versailles et Paris au retour d’une fête donnée par le roi louis Philippe le 8 mai 1842. C’est l’accident ferroviaire connu aujourd’hui sous le nom de catastrophe de Meudon qui coûte la vie à l’explorateur, ainsi qu’à sa femme, son fils et à plus de cinquante personnes. Si ce n’est pas le premier accident de train de l’histoire cet évènement est considéré comme la première catastrophe ferroviaire d’ampleur.

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