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George Nuku

Voyage autour du monde

L’aventure maori de Dumont d’Urville

Retour sur une exposition au musée Hèbre à Rochefort

Commencer le voyage

En s’inspirant des collections du musée Hèbre, George Nuku rend hommage aux voyages en Océanie de Jules Dumont d’Urville, qui furent des expériences scientifiques autant qu’artistiques. Ces périples ont permis une extraordinaire iconographie des populations du Pacifique et particulièrement des Maori, chers à l’explorateur. L’installation comprend plusieurs structures en plexiglas réinterprétant les dessins et les lithographies réalisés au 19e siècle, témoins inestimables sur des cultures révolues, qui apportent une dimension nouvelle dans un monde aujourd’hui en plein bouleversement.

 

 

Mon intérêt pour les illustrations de voyage de Dumont d’Urville a débuté il y a trente ans lorsque j’ai exposé des reproductions de lithographies aux côtés de mes gravures et sculptures.

Deux des peintres du voyage, Louis Auguste de Sainson et Louis Le Breton, ont réussi à saisir les expressions, les humeurs et la personnalité de mes ancêtres dans le contexte de l’époque où ils vivaient.

Les voyages de Dumont d’Urville à Aotearoa/Nouvelle-Zélande au début du XIXe siècle témoignent d’une société en pleine mutation et d’un pays en guerre. En l’espace d’une génération, la culture Maorie est passée directement du néolithique à l’ère industrielle.

Le peuple qu’a vu Dumont d’Urville a promptement adopté une culture nouvelle tout en restant profondément ancré dans le monde précédant l’arrivée des Européens. À mon avis, les illustrateurs de ce voyage ont fait de leur mieux pour saisir et représenter ces moments exceptionnels.

Presque 200 ans après ces rencontres, je me suis rendu en France pour donner au monde occidental (et au-delà) une re-présentation de ces images de mes ancêtres et de leur univers. J’affiche le monde ancien dans un éclairage nouveau, en tissant les contextes passés et présents. Dans l’espoir, peut-être, de deviner ce qui nous attend, moi personnellement et nous tous.

Mon travail m’a ainsi amené à créer une atmosphère de portraits à l’intérieur de portraits, de cadres à l’intérieur de cadres et de mondes à l’intérieur de mondes. J’ai donc aménagé l’espace avec des détails décoratifs complets, de sorte que chaque partie raconte une histoire.

Je crois qu’à travers cela, pour un instant fugace, il est possible que notre joue caresse la joue du sublime.

C’est aussi à mon sens un moment que Dumont d’Urville, de Sainson, Le Breton et mes ancêtres maoris souhaiteraient tous vivre à la lumière d’aujourd’hui…

George Nuku

Manifeste artistique.

Mon intérêt pour les illustrations de voyage de Dumont d’Urville a débuté il y a trente ans lorsque j’ai exposé des reproductions de lithographies aux côtés de mes gravures et sculptures.

Deux des peintres du voyage, Louis Auguste de Sainson et Louis Le Breton, ont réussi à saisir les expressions, les humeurs et la personnalité de mes ancêtres dans le contexte de l’époque où ils vivaient.

Les voyages de Dumont d’Urville à Aotearoa/Nouvelle-Zélande au début du XIXe siècle témoignent d’une société en pleine mutation et d’un pays en guerre. En l’espace d’une génération, la culture Maorie est passée directement du néolithique à l’ère industrielle.

Le peuple qu’a vu Dumont d’Urville a promptement adopté une culture nouvelle tout en restant profondément ancré dans le monde précédant l’arrivée des Européens. À mon avis, les illustrateurs de ce voyage ont fait de leur mieux pour saisir et représenter ces moments exceptionnels.

Presque 200 ans après ces rencontres, je me suis rendu en France pour donner au monde occidental (et au-delà) une re-présentation de ces images de mes ancêtres et de leur univers. J’affiche le monde ancien dans un éclairage nouveau, en tissant les contextes passés et présents. Dans l’espoir, peut-être, de deviner ce qui nous attend, moi personnellement et nous tous.

Mon travail m’a ainsi amené à créer une atmosphère de portraits à l’intérieur de portraits, de cadres à l’intérieur de cadres et de mondes à l’intérieur de mondes. J’ai donc aménagé l’espace avec des détails décoratifs complets, de sorte que chaque partie raconte une histoire.

Je crois qu’à travers cela, pour un instant fugace, il est possible que notre joue caresse la joue du sublime.

C’est aussi à mon sens un moment que Dumont d’Urville, de Sainson, Le Breton et mes ancêtres maoris souhaiteraient tous vivre à la lumière d’aujourd’hui…

George Nuku

George Nuku par Jonathan Watts

George Nuku par Jonathan Watts

 

L’artiste George Nuku

George Nuku est né en 1964 en Nouvelle-Zélande dans le village d’Omahu et a grandi à Heretaunga, dans la baie de Hawkes sur l’île du Nord. D’ascendance germanique et écossaise du côté de son père, sa branche maternelle le rattache aux tribus maori du Ngāti Kahungunu et Ngāti Tuwharetoa.

Après des études d’art, de sociologie, de géographie et de culture maori à l’Université de Massey, il entame une carrière dans les arts plastiques d’abord en Nouvelle-Zélande dès 1986, puis en Europe, aux États-Unis et en Asie. Il est devenu une des figures majeures de la scène artistique maori de ces 20 dernières années.

 

Parcours et expositions (en savoir +)

Plusieurs grands musées et galeries d’art ont accueilli ses créations, entre autres : Riviera gallery, New York, 2004 – Sainsbury Centre for Visual Arts, Norwich , Royaume-Uni,2006 – Museum of Archaeology & Anthropology, Cambridge University , Royaume Uni, 2006-2008 – British Museum, Londres, 2007 – Musée du Quai Branly, Paris, 2008 – Volkenkunde Museum, Leiden, Pays-Bas, 2010-2011 – National Museum of Scotland, Edinburgh, 2011 – Linden Museum, Stuttgart, Allemagne, 2012 – Kaohsiung Museum of Fine Arts, Taiwan 2012 – Anthropological Museum, Vancouver, Canada, 2014 – National Museum of Australia, Canberra, 2014 – Il est par ailleurs intervenu à la Biennale de Venise pour le pavillon de la Nouvelle-Zélande en 2009.

Sa dernière création, Bottled Ocean, a été conçue pour le Musée d’art contemporain de Taipei à Taiwan en 2014. A l’occasion de la COP21, le Muséum d’Histoire naturelle de Rouen a accueilli cette exposition en 2015. Renouvelée en 2016 et présentée d’abord au Te Pataka Art Museum en Nouvelle-Zélande, Bottled Ocean a rejoint le Centre Tjibaou en Nouvelle-Calédonie et le muséum de La Rochelle la même année, le Kaohsiung museum of fine art Tawain en 2017 et le muséum de Bourges en 2019 puis le muséum d’histoire naturelle de Genève en 2020.

Quelques vues de l’installation

Sur Jules Dumont d’Urville (1790 – 1842)

Buste de Dumont d’Urville
par Alexandre Oliva,
coll. Musée de la Marine.
Photographie par Rama, Wikimedia Commons, Cc-by-sa-2.0-fr

Officier de marine et explorateur français, il mena de nombreuses expéditions.

Nommé lieutenant de vaisseau en 1821, il s’associe au commandant Duperrey pour planifier et exécuter un voyage d’exploration scientifique à bord de la Coquille de 1822 à 1825 dans le Pacifique.

Une seconde expédition sera confiée à Dumont d’Urville dès 1826. Promu au grade de capitaine de frégate, il aura pour mission d’explorer l’Océanie à bord de l’Astrolabe – la corvette la Coquille rebaptisée pour l’occasion – et de retrouver le lieu du naufrage de Jean-François de La Pérouse survenu en 1788 au large de Vanikoro.

Cette expédition de 35 mois confère à la géographie et à la navigation une grande avancée. Les rapports de Dumont d’Urville ont permis la classification des îles en Mélanésie, Polynésie et Micronésie. Il effectua également une cartographie détaillée des côtes de la Nouvelle-Zélande, qui fut la plus importante après celle de James Cook.

Les voyages de Dumont d'Urville (en savoir +)

1er voyage à bord de La Coquille
  • 1821 – Le capitaine Duperrey et son second Dumont d’Urville proposent une expédition de recherche scientifique dans le Pacifique.
  • Août 1823 – Départ de Toulon à bord de la Coquille.
  • Janvier 1824 – Arrivée à Port Jackson en Australie, puis départ pour la Nouvelle-Zélande. Les Français prennent à bord 5 passagers : un missionnaire, sa famille et deux Maori.
  • Avril 1824 – Le bateau jette l’ancre à Baie des îles.
  • 24 janvier 1825 – Retour à Marseille.
2e voyage à bord de L’Astrolabe
  • 25 avril 1826La Coquille, rebaptisée l’Astrolabe, quitte Toulon sous le commandement de Dumont d’Urville.
  • 7 octobre 1826 – Le navire jette l’ancre à King George Sound en Australie. Puis il amarre deux mois à Port Jackson.
  • 19 décembre 1826 – Les Français quittent l’Australie pour la Nouvelle-Zélande.
  • Décembre 1926 à mars 1827L’Astrolabe relâche à la Baie des îles pour s’approvisionner.
  • 25 mars 1829Dumont d’Urville et son équipage reviennent à Marseille.
3e voyage à bord de L’Astrolabe
  • 7 septembre 1837 – Dumont d’Urville retourne dans le Pacifique. L’expédition comprend deux navires : l’Astrolabe et la Zélée.
  • Février 1839 et Janvier 1840 – En attendant l’été en Antartique. Dumont d’Urville navigue autour des îles d’Indonésie.
  • Janvier 1840 – Dumont d’Urville pose le pied en Antartique. Il hisse le drapeau français au nom du roi de France et nomme l’endroit Terre Adélie, en l’honneur de sa femme Adèle.

Dumont d'Urville vu par George Nuku - Détail de George Nuku, L’aventure maori de Dumont d’Urville

Dumont d’Urville vu par George Nuku

Dans l’exposition, une alcôve abrite un tableau représentant la collection d’objets maoris des voyages de Dumont d’Urville qui était conservé à Caen et qui a été détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. J’ai également intégré le buste modifié de Dumont d’Urville dans ce mémorial. Il symbolise la poursuite de ses aventures maories…

Des clés pour l’exposition

Le mot de Claude Stéfani - Conservateur du musée Hèbre

George Nuku est maori. Une appartenance culturelle qui fonde son identité -nul ne peut le rencontrer sans remarquer ses tatouages– et nourrit sa création.

Artiste de réputation internationale, il est exposé dans de nombreuses galeries et musées prestigieux aux quatre coins du monde. Le musée Hèbre est honoré de l'accueillir.

Le projet de cette exposition est né d'une longue discussion avec l'artiste sur les rencontres entre Européens et peuples du Pacifique au XIXe siècle, et plus particulièrement sur les contacts avec les Maori lors des circumnavigations de Dumont d'Urville.

Ces longs voyages d'exploration ont fait l'objet de publications d'une exceptionnelle richesse iconographique, les Atlas historiques. Certaines planches de ces ouvrages, dont celles de l'Astrolabe, publiées en 1833, offrent des représentations parmi les plus belles des populations maori d'alors.

Des images d'une inestimable valeur ethnographique, mais aussi d'une grande qualité artistique, qui ont retenu l'attention de George Nuku, touché par cette perception occidentale de la culture de son peuple.

Une vision à bien des égards étriquée – on imagine sans mal le choc culturel – mais non dénuée de fascination et d'admiration, des sentiments perceptibles notamment dans les portraits de Maori de Louis de Sainson et de Louis Le Breton. Ces remarquables dessinateurs ont su capter la beauté et la noblesse des tatouages, qu'ils représentent dans le détail de leurs motifs. En effet, dans l'univers polynésien, particulièrement en Nouvelle-Zélande, le tatouage revêt des significations sociales fondamentales ; il est notamment l'apanage des personnes de haut rang.  Un message esthétique a contrario des préjugés largement partagés en Occident, où la proscription biblique formulée par le Lévitique de se marquer la peau par incision ou impression faisait du tatouage une pratique infamante.

Vue de l'exposition, confrontation d'une gravure des voyage de Dumont d'Urville et la création d'un portrait gravé sur plexiglas par George Nuku

Deux siècles plus tard, George Nuku porte son regard d'artiste maori sur le regard de Dumont d'Urville et de ses compagnons sur les Maori. Il observe ce qui a été observé et transfigure les images d'alors en créations contemporaines inédites.

Une rencontre surprenante par-delà le temps, dans la géographie et l'histoire du musée Hèbre, un lieu habité par les cultures du Pacifique où les œuvres de George Nuku trouvent toute leur place.

 

Six objets issus de la culture maori et des collections du musée Hèbre à Rochefort

Collections du musée Hèbre issu des voyages de l’Astrolabe et objets intégrés dans l'installation de George Nuku

Matau : Les Maori produisaient des hameçons en os et en bois, magnifiquement sculptés. Cet hameçon en nacre d'haliotis, métal et fibre de Phormium tenax a été collecté en baie de Chouraki, le 26 janvier 1827.

Hei-Tiki : Le pendentif (hei en maori) figure un être humain (tiki) en position de repos : il a les jambes repliées sous lui et les bras s'appuient sur les cuisses. La tête, penchée sur la droite, a la langue tirée, un geste de provocation chez les Maoris. L’un des yeux du visage conserve son rehaut de cire rouge.

Réalisé pour être porté autour du cou, il est en jade (pounamu en maori) avec une corde en fibres végétales (Phormium tenax) et un fermoir en os d’oiseau. Interprété comme la représentation d'un ancêtre, il est de grande valeur : pour les Maoris c'est un trésor (taonga). Il apporte à son possesseur le mana des ancêtres qui s'ajoute au sien propre.

Patu Onewa : La massue, Patu en maori, est plusieurs fois représentée dans l’exposition. Utilisée comme une arme, elle témoigne également du prestige de son porteur. Elle était fièrement portée en bandoulière lors de rassemblements.

Tatua : Ceinture masculine constituée de fibres tressées de Phormium tenax, le lin de Nouvelle-Zélande. Ce végétal n'est pas proche botaniquement du lin d'Europe. Il fut nommé ainsi par la similitude d'usage, les Maori utilisant les fibres de ce végétal pour constituer des vêtements et des objets.

Korowai : manteau, constitué de fibres de Phormium tenax naturelles et teintes tressées et de franges de même matériau teintes en noir fixées régulièrement sur toute la surface. Ce type de manteau était réalisé pour vétir hommes, femmes et enfants de tous âges. Dans l'installation de George Nuku, il recouvre la silhouette féminine d'une des trois vitrines.

Hei koiwi : collier et pendentif collectés par Pierre-Adolphe Lesson - échangés contre un couteau - lors de l'expédition de l'Astrolabe, le 17 janvier 1827. Le collier en fibres végétales tressées présente un pendentif réalisé avec une vertèbre cervicale humaine ornée de motifs de spirales ciselés et de deux cercles de nacre d'haliotis (l'un a disparu).

George Nuku - Voyage autour du monde - L’aventure maori de Dumont d’Urville
L'installation en détails

Toutes les œuvres ci dessous sont reproduites avec l'aimable autorisation de l'artiste George Nuku.

Les trois figures ancestrales

Les trois figures ancestrales - Détail de George Nuku, L’aventure maori de Dumont d’Urville

Ce sont les têtes préservées de trois leaders estimés. Ils sont vêtus de la parure de manteaux et de plumes ornementales.

Ils sont présentés en état sur le Marae -La place ancestrale directement devant le Whare Tupuna – La maison ancestrale.

Ils symbolisent des exemples des anciennes coutumes du monde Maori.

Le mur rouge

Le mur rouge, la galerie de tableaux - Détail de George Nuku, L’aventure maori de Dumont d’Urville

Cet élément de l'installation se réfère directement à la galerie de peintures du musée Hèbres.

J'ai accroché en hauteur les lithographies de l'atlas illustré, comme des œuvres d'art classiques.

Cela s'exprime directement à travers les cadres dorés contre le mur rouge. J'ai ensuite réadapté cette vision à mon contexte culturel en décorant chaque cadre avec des motifs maoris sculptés. J'ai aussi modifié les couleurs d'origine pour rendre les personnes, les lieux et les objets plus vivants et animés. Enfin, le motif de fond permet de réunir tous ces sujets en apparence isolés. Je les ai nichés en sécurité dans le confort du monde maori, dont ils sont originaires et auquel ils appartiennent...

George Nuku

Wakapounamu, pirogue en plastique

Évocation de la Wakapounamu, la pirogue maori par George Nuku (plexiglas gravé, plumes et liens de couleur rouge)

Cette œuvre est une représentation du waka dépeint dans les lithographes bleues exposées derrière elle. Le plexiglas transparent permet de transmettre l'esprit des moments dépeints. L'œuvre est suspendue pour donner l'impression de flotter à travers le temps et l'espace.
En célébrant l'union du passé et du présent, elle vise à placer le visiteur à l'intérieur même du tableau.

George Nuku

Vitrine au visage masculin tatoué

La vitrine au tatouage masculin - Détail de George Nuku, L’aventure maori de Dumont d’Urville

Cette vitrine est sculptée à l'extérieur dans le style d'un tatouage facial maori classique. Ce type de tatouage aurait été vu par Dumont d'Urville lors de ses rencontres avec le peuple Maori.
Ceci est évident dans les reproductions lithographiques attribuées à de Sainson.
Le personnage à l'intérieur de la vitrine est vu tenant le Taiaha - le bâton de cérémonie et de combat - en position de garde. Il porte un manteau en fibre Muka de la collection personnelle de l'artiste et se pare d'objets du Musée Hébres.

La Création

La création - Détail de George Nuku, L’aventure maori de Dumont d’Urville

Cette sculpture illustre le mythe de la création du monde. L’histoire de Rangi et Papa qui étaient si enlacés que la lumière ne pénétrait jamais entre eux. Un beau jour, un faisceau lumineux réussit à traverser le monde de la nuit et cinq de leurs six enfants se mirent en tête de les séparer. Alors Tane (3), dieu des forêts, plaça ses pieds contre le ventre de sa mère (2) et ses mains contre la poitrine de son père (1), et poussa de toute ses forces.

C’est ainsi que la lumière jaillit ! Mais Rangi et Papa furent inconsolables de cette séparation. Rangi pleure souvent en pensant à sa bien-aimée et fait tomber la pluie. Papa soupire de tristesse et crée la brume.

Voyage autour du Monde

Mobile "le globe" - Détail de George Nuku, L’aventure maori de Dumont d’Urville

Cette œuvre reprend le titre de l'exposition. Un symbole du monde présenté comme une sphère ou un globe maori.
Les lignes verticales et horizontales, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l’œuvre, symbolisent les itinéraires de Dumont d'Urville. L'aspect rotatif renforce la notion de monde et complète la représentation d'un astrolabe dans le côté opposé de la salle. Ces deux œuvres rendent un hommage direct à Dumont d'Urville en tant que navigateur, explorateur et esprit universel.

George Nuku

Portail et femme maori

Portail, portrait féminin - Détail de George Nuku, L’aventure maori de Dumont d’Urville

L'élément central de l’installation, sculpté, représente à la fois un cadre et un portail.

L'œuvre centrale représente une femme maorie de haut rang de la région d'Otago, dans le sud de l'île de la Nouvelle-Zélande. Elle était avec un groupe de Maoris qui ont été esquissés sur le vif par Louis le Breton lors du troisième voyage de Dumont d'Urville. Elle porte le tatouage facial Moko - Maori. Elle est modifiée à partir du croquis de vie original qui la représente dans la vieillesse. Ici, elle est représentée dans la fleur de l'âge...

Vitrine au visage féminin tatoué

La vitrine au tatouage féminin - Détail de George Nuku, L’aventure maori de Dumont d’Urville

La vitrine est décorée à l'extérieur de la forme d'un visage tatoué de femme. Son front, son nez, sa bouche, son menton et sa gorge sont minutieusement décorés.

C'est un motif complètement contemporain et symbolise la croissance du tatouage facial maori des femmes dans les temps modernes.

Le personnage féminin à l 'intérieur est vêtu d'une Korowai – le manteau de fibre et porte un Heitiki Pounamu – un pendentif de jade. Suspendue au-dessus d'elle est une Wakahuia – une boîte à trésor minutieusement sculptée sur toute sa surface, y compris le dessous.

Elle est suspendue au-dessus dans sa position d'origine à l'intérieur de la maison ancestrale.

Autoportrait en guerrier maori

Autoportrait en guerrier effectuant le Haka - Détail de George Nuku, L’aventure maori de Dumont d’Urville

Avec l’arrivée des Européens au 19e siècle, les Maori passent très rapidement du néolithique à l’ère industrielle.

Un changement brutal mais accepté, dont l’objectif sera de garder l’équilibre entre tradition et modernité.

George Nuku s'est représenté en guerrier Maori dans une pose d'intimidation, la langue tirée et brandissant son fusil (2) comme une massue. Il porte également une hache (4) et une cartouchière (3). La crosse de son fusil (1) est décorée de motifs tribaux et son visage et sa cuisse sont tatouées (5).

L’Astrolabe

Mobile "l'Astrolabe" - Détail de George Nuku, L’aventure maori de Dumont d’Urville

L'astrolabe est un instrument de navigation ancien qui se base sur la position des étoiles. Son origine remonte au Ve siècle, à l'époque romaine, puis il est communément utilisé au Moyen-Âge dans le monde européen et islamique.

Entre le XVIe et le XVIIIe siècles, il est utilisé par les navigateurs avant d'être remplacé par le sextant.

L'Astrolabe était le nom d'un des deux navires du voyage de La Pérouse (1785-1788). En 18226, la corvette la Coquille qui vient de faire le tour du monde sous le commandement de Duperrey, est rebaptisée L'Astrolabe, en hommage à La Pérouse, et repart pour une nouvelle expédition dans le Pacifique sous le commandement de Dumont d'Urville. La majorité des images présentées dans cette exposition provient de ce voyage.

Les œuvres contiennent des éléments aux influences nautiques médiévales (européennes et islamiques) et maori.

George Nuku

Vitrine autoportrait

La vitrine autoportrait de George Nuku - Détail de George Nuku, L’aventure maori de Dumont d’Urville

La troisième vitrine est décorée sur son extérieur dans l'autoportrait de l'artiste. C'est une copie exacte du Moko Kanohi - le tatouage facial de George Nuku.

À l'intérieur de la vitrine, le personnage tient un Patu Onewa – une massue de pierre et un Putorino - une flûte clairon. Il porte à son oreille une collection d'hameçons en os humain et autour de son cou, un pendentif en forme de mâchoire humaine faite en plastique. La ceinture nouée autour de sa taille est un Tatua, une ceinture en fibre végétale tissée.

Évocation de la Wakapounamu, la pirogue maori par George Nuku (plexiglas gravé, plumes et liens de couleur rouge)

… Quelques termes maori

Aotearoa : Nom maori pour désigner la Nouvelle-Zélande.

Haka : Danse pratiquée par les Maori lors de conflits, de cérémonies ou de compétitions amicales pour impressionner les adversaires (comme c’est le cas au rugby).

Mana : Force héritée des ancêtres. Le mana confère autorité et prestige à celui qui le possède.

Maori : Mot signifiant « Naturels », les premiers habitants de la Nouvelle-Zélande.

Marae : Maison communautaire des Maori. La partie haute représente le ciel et la partie basse représente la Terre.

Matau : Hameçon.

Moko : Tatouage traditionnel Maori. Il est le symbole d’identité et de fierté pour celui qui le porte. Ses motifs décrivent la généalogie, les accomplissements et la place de la personne dans sa tribu.

Pa : Village fortifié.

Waka : Mot signifiant « pirogue ».

Le mur rouge, la galerie de tableaux - Détail de George Nuku, L’aventure maori de Dumont d’Urville

Crédits et remerciements

Toutes les œuvres de George Nuku sont présentées ici avec son aimable autorisation.

Textes :

Élodie Frison, Sophie Masson, Séverine Bompays, Claude Stéfani et George Nuku

Conception du site et photographies de l’exposition :

Vincent Lagardère – Alienor.org, Conseil des musées

Remerciements :

George Nuku et Mathilde Denniel pour leurs aimables autorisations sur la présentation des œuvres de l’artiste dans le contexte de cette exposition.

Claude Stéfani et toute l’équipe du musée Hèbre à Rochefort (17, France)