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Énée et Didon fuyant l'orage

Pierre Henri de Valenciennes, 1792

Énée, Didon et le destin

Personnage mythologique présent dans l’Iliade, Énée, fils de la déesse Aphrodite* et du mortel Anchise est un des alliés de Priam dans la guerre de Troie. À la chute de la cité il s’enfuit avec quelques troyens qui ont pu échapper au massacre. L’Énéide, épopée du poète latin Virgile relate ses aventures entre la chute de Troie et son arrivée dans le latium où sa dynastie serait à l’origine de Rome.

Ce tableau représente un épisode de l’Énéide : alors que les réfugiés troyens ont trouvé asile à Carthage, sa reine Didon, et Énée s’éprennent l’un de l’autre. Lors d’une partie de chasse un orage, provoqué par Vénus, éclate forçant Didon et Énée à se réfugier dans une grotte où ils deviennent amants.

Mais le destin d’Énée n’est pas en Afrique et Hermès, envoyé par Jupiter, lui enjoint de repartir pour accomplir son destin. Didon, son amant parti, finit par se donner la mort.

* Pour la partie concernant l’Iliade le nom grec des dieux est utilisé, alors que pour l’Énéide c’est leur nom latin qui est préféré pour plus de fidélité aux textes.

Détail du tableau

L’auteur de l’œuvre

Pierre-Henri de Valenciennes (1750-1819) est un peintre français néo-classique qui s’est plus particulièrement intéressé à la peinture de paysage. Toutefois sa formation auprès du peintre d’histoire Gabriel Doyen a certainement eu une influence sur son approche du paysage.

À l’instar de Vernet il sort de l’atelier pour réaliser ses études en plein air. Mais c’est sont attachement au motif qui fonde sa théorie du paysage d’histoire : dans sa peinture le paysage est recomposé afin de mettre en exergue les scènes qui s’y déroulent. La composition dans son ensemble sert la narration dans une approche néo-classique empreinte de l’influence antique.

Il rédige en 1799 des Éléments de perspective pratique à l’usage des artistes, ouvrage où il élabore une théorie du paysage, et plus particulièrement du paysage historique.

Cependant le ciel commence à se remplir d’un lourd grondement, suivi d’une pluie mêlée de grêle. L’escorte tyrienne, la jeunesse de Troie, le petit-fils dardanien de Vénus courent au hasard et, effrayés, cherchent ça et là des abris dans la campagne. Des torrents se précipitent du haut des monts. Didon et le chef troyen arrivent sous la même grotte. La Terre et Junon l’Hyménéenne donnèrent le premier signal. Des feux brillèrent dans le ciel complice de ces noces, et sur le haut des montagnes les Nymphes hurlèrent le chant nuptial. Ce fut le premier jour des malheurs de Didon, la première cause de sa mort. Ni les convenances ni le souci de sa gloire ne l’émurent : ce n’est plus un amour clandestin qu’elle couve dans son cœur ; elle l’appelle un mariage, et ce mot lui couvre sa faute.  
Virgile "L'Énéide", traduction André Bellessort

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