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Vue de la ville de Thouars

Copie d'Henri Barré à partir d'un dessin de Louis Boudan issu de la collection François Roger de Gaignières

Un portrait de la ville de Thouars

Sur cette vue de Thouars telle que la ville pouvait apparaître en 1699 on distingue les principaux édifices de la ville : le pont neuf (b.g.), le temple protestant (m.c.), l’abbatiale Saint-Laon, l’église Saint-Médard, celle des Cordeliers, celle des Jacobins et celle des Clairettes, la tour Porte au Prévost, la tour ‘Prince de Galles’, l’enceinte fortifiée (d.), le prieuré de la Madeleine (b.d., hors les murs), le couvent des Capucins (h.d., hors les murs), le prieuré Saint-Jacques et les moulins de Vrines (h.g., hors les murs).

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Le château, une histoire plus que millénaire

Mais le monument qui domine la composition et toute la ville par son imposante silhouette est bien le château des ducs de la Trémoïlle (m.g.), l’un des plus grands châteaux de la première moitié du XVIIe siècle. Mais la première implantation d’un château en bois à cet endroit date de l’époque de Pépin le Bref qui l’incendia en 762. Une seconde forteresse est édifiée au XIe siècle et se complète jusqu’au XVe siècle. C’est cet ensemble que Marie de la Tour d’Auvergne, qui a épousé Henry de La Trémoïlle en 1619, veut faire moderniser le trouvant trop inconfortable.

Des architectes célèbres pour un bâtiment hors normes

Pour remanier le château ducal existant, elle fait édifier un premier pavillon. Mais sur l’impulsion de l’architecte Jacques Lemercier (1585-1654), une reconstruction totale du château est entreprise en 1635, elle dure jusqu’en 1660.

Jacques Lemercier est notamment l’architecte du Palais-Royal, du pavillon de l’Horloge au Louvre ou encore de la ville et du château (aujourd’hui disparu) de Richelieu. Jacques Lemercier a été Architecte du Roi à partir de 1615, puis Premier architecte du Roi à partir de 1639, soit l’architecte en charge des travaux de maîtrise d’œuvre pour les bâtiments du roi. Il appartient ainsi à une illustre institution dans laquelle on peut compter des noms célèbres tels que ceux de Louis le Vau ou Jules Hardouin-Mansart.

Le château à travers les époques

Dans un style Louis XIII très sobre la façade principale se déroule sur plus de cent dix mètres. La cour d’honneur est ceinte d’une galerie terrasse.
Jusqu’à la Révolution, des jardins aujourd’hui disparus, agrémentaient les abords du château.

L’ensemble castral comprend également une chapelle collégiale construite entre 1499 et 1520, ainsi que des écuries bâties entre 1707 et 1709 par un élève de Mansart, Robert Cotte.
L’orangerie visible aujourd’hui a été construite dans la dernière décennie du XVIIe siècle, elle doit au moins le dessin de ses escaliers à Jules Hardouin-Mansart. Une seconde orangerie plus ancienne a été détruite dans le courant du XIXe siècle lors de la construction de la route nationale qui passe au pied du château.

Le déclin du château commence à la fin du règne de Louis XIV, les ducs de la Trémoïlle délaissant Thouars pour paraître à la cour du roi.
La Révolution voit le château pillé et confisqué par la Constituante, son mobilier est pillé vendu aux enchères. De là l’édifice va servir de sous-préfecture, puis de caserne.

Le château et ses dépendances sont acquis par la Ville de Thouars en 1833. Le bâtiment est un temps loué à un collège privé. Sur la lithographie reproduite ci-contre on peut même voir l’orangerie reconvertie en gymnase pour le 45e régiment d’infanterie de ligne entre 1845 et 1849. En 1872, le château est devenu une prison et son orangerie a servi d’ateliers. À partir de 1925, à la fermeture de la prison, l’orangerie changea encore une fois d’affectation et fut louée à des entreprises privées. En 1931 le château devint quant-à-lui un collège public, ce qu’il est toujours sous le nom de collège Marie de la Tour d’Auvergne. Le château est ouvert à la visite depuis 2003 dans le cadre des visites guidées de Thouars, Ville d’art et d’histoire.

Photographies présentant le château de nos jours

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