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Sabre-briquet et son fourreau (n° d'inv. 2008.7.1.1 et 2)

Un regard, une œuvre :

L’une des premières productions de la Manu de Châtellerault
Sabre d’infanterie, modèle an XI dit sabre-briquet
Numéro d’inventaire : 2008.7.1

Sabre-briquet = Les sabres de grenadiers de l’ancien régime étaient jugés de plus en plus encombrants, pour y remédier, en 1765, fut instauré un nouveau modèle de sabre réglementaire, avec une lame plus courte, ramenée à 59,5 cm, le sabre d’infanterie modèle 1767.

Il lui fut aussitôt donné le surnom de sabre-briquet par la cavalerie. Le mot briquet au 17e siècle signifiait d’abord couteau ou canif, principalement et également : un petit bris de fer. À cette origine s’ajoute braquet : petite sorte d’épée, un type de poignard, devenu également dans les dialectes : clou à chaussure. Son nom revêt donc une connotation quelque peu moqueuse, voire hautaine ; ou bien encore gentiment affectueuse : sa petite taille et la forme de sa garde rappellent en effet les briquets qu’utilisaient les soldats en campagne pour allumer le feu. Puis, en 1806, cette désignation devient officielle. (source : Michel Pétard, Des sabres et des épées)

Lors de la création de la Manu, on espère que les artisans couteliers de Châtellerault réputée pour sa coutellerie fine pourront constituer une main d’œuvre qualifiée pour cette nouvelle industrie. Cependant il s’avère très vite que les techniques de production sont différentes. La production des couteliers reste artisanale et ne correspond pas à la demande de rentabilité nécessaire à la production d’armes.

Dès 1819 et pour répondre à une première commande de 1000 sabres d’infanterie modèle 1816, 1000 pelles rondes, 500 pelles carrées et 500 haches d’artillerie, le Capitaine Donat et le réviseur Bick sont détachés de la manufacture d’armes du Klingenthal en Alsace et viennent former les premiers ouvriers. La commande est toutefois suspendue jusqu’à la livraison des premiers ateliers en 1828 pour les armes blanches et 1829 pour les armes à feu qu’il a été décidées de fabriquer également à Châtellerault.

La Manu prend alors  la relève du Klingenthal pour la production des armes blanches.

D’abord fabriqué dans les manufactures d’armes de l’est de la France à la fin du 18e siècle, ce sabre-briquet est l’une des premières productions de la Manufacture royale de Châtellerault en 1828. Ce modèle est pratiquement abandonné en 1831.

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Fiche signalétique simplifiée :

Nom : sabre d’infanterie modèle an XI à lame courbe dit sabre-briquet avec son fourreau

Description : Lame courbe et plate, garde arrondie à une branche en laiton de 28 cannelures. Fourreau en cuir avec deux garnitures en laiton.

Dimensions : L. 60 cm (lame)

Date : Lame de 1828 / remontage non-réglementaire en 1830

Inscription : Manufe Royale de Chatellerault 9 7bre 1828 (sur le dos de la lame)

Poinçons : N stylisé pout Nottret, premier directeur de la manufacture de 1819 à 1830 et W pour Wiedman, contrôleur de 1830 à 1836 (sur la garde et sur la lame)

Provenance : don des Amis du musée de Châtellerault en 2008 qui l’ont acquis auprès d’un particulier.

Utilisation : arme puis décoration dans la maison familiale du dernier propriétaire (héritage familial)

Toutes les informations sur notre base de données des collections :

Sabre d’infanterie, modèle an XI dit sabre-briquet

Sabre-briquet et son fourreau

Pour aller plus loin :

Les armes de la Manu

1ère partie : Les armes produites à la manufacture  d’armes de Châtellerault et désormais conservées au musée.

Les armes de la Manu

2e partie : Industrialiser la production. Les modèles, les vérificateurs, les coupes d’instructions et les prototypes…
  •  Toujours sur Alienor.org :

Vidéos : Sites industriels de l’armement, Histoire et devenir (du 19e au 21e siècle) :
https://la-revue.alienor.org/blog/2020/ressource/sites-industriels-armement-colloque/
Des femmes à la Manu :
https://la-revue.alienor.org/blog/2019/ressource/des-femmes-a-la-manu/

S’armer pour la guerre : la Manufacture d’armes de Châtellerault 1870-1918
:
https://www.alienor.org/publications/aux-armes/

De la bouche à la culasse :
https://www.alienor.org/publications/fusils/

  •  Le Grand Atelier, musée d’art et d’industrie de Châtellerault, sur le site de la Manu :

À l’occasion du Bicentaire de la Manu célébré en septembre 2019, le musée de Châtellerault a ouvert un nouvel espace dédié à l’histoire de la manufacture d’armes de Châtellerault et présente sa collection d’armes au sein de l’atelier construit en 1886 sur les plans de Duglin.

Bibliographie

Claude Lombard, La manufacture nationale d’armes de Châtellerault, Art et Patrimoine -3-, Librairie ancienne Brissaud, Poitiers, 1987.
Pierre Leclerc et Dominique Vila, Catalogue des armes, Association des Amis du Musée Sully, Châtellerault, 1996

Crédit

Texte : Sophie Brégeaud-Romand, Conservateur du Grand Atelier, musée d’Art et d’Industrie à Châtellerault
Réalisation technique et photographies : Vincent Lagardère, Alienor.org, Conseil des musées