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Le Coudray-Salbart

Portrait d'une forteresse

Plantagenêts et Capétiens

Témoin de la domination anglaise du Poitou le château du Coudray-Salbart sur la commune d’Échiré (Deux-Sèvres) a été bâti par les seigneurs de Parthenay entre la fin du XIIe siècle et le tout début du XIIIe siècle. Depuis 1152 et le mariage d’Alienor avec Henri II Plantagenêt le duché d’Aquitaine est en effet placé directement sous l’influence du royaume d’angleterre.

En 1202 Philippe II prétexte le refus de Jean sans Terre de répondre à une convocation en tant que comte de Poitiers pour confisquer ses possessions françaises en Normandie et en Aquitaine. Ralliée au roi d’Angleterre sous la bannière des Lusignan la noblesse du Poitou s’oppose à cette décision, préférant un suzerain séparé d’elle par la mer à ce roi de France décidément trop proche. C’est par les armes que le conflit entre les deux royaumes se règle, culminant avec la victoire du roi de France Louis IX (Saint Louis) contre Henri III à la bataille de Taillebourg en 1242.

 

Un château rapidement abandonné

Les Parthenay-Larchevèque, alliés des Lusignan, contrôlent les terres de la Gâtine depuis l’époque des invasions normandes. Avec l’aide du roi d’Angleterre Ils ont érigé les fortifications de Parthenay et mis leur territoire de Gâtine en état de défense. Le Coudray-Salbart est bâti sur l’éperon rocheux du mont Milon qui domine un coude de la Sèvre Niortaise, il agit ainsi comme un verrou le long de la rivière.

Avec l’annexion du Poitou à la couronne de France et l’agrandissement des terres des seigneur de Parthenay le château perd son intérêt stratégique. La Guerre de cent ans ne contribue pas à ressusciter la forteresse qui passe à côté des combats.

En 1460 un inventaire commandé par Dunois, ancien compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, décrit un édifice déserté dans un état nécessitant d’importants travaux.
Le château passe de mains en mains jusqu’au XXe siècle sans que quelqu’un cherche à le restaurer ou à le convertir en résidence plus confortable.
Cet état de faits a, paradoxalement, contribué à le conserver largement dans son aspect originel, malgré les outrages du temps. Ainsi le château a conservé sa gaine (couloir aménagé à l’intérieur des murailles inspiré des forteresses de Terre Sainte), deux tours en amande typiques du style Plantagenêt, munies de niches à archères et plusieurs salles en bon état dont certaines possèdent encore leur cheminée.

En 1876 pour l’ouvrage “La Gâtine historique et monumentale” Eugène Sadoux réalise des illustrations de la forteresse la représentant dans la gangue végétale qui l’avait envahie. L’ouvrage décrit ainsi le Coudrai-Salbart :

“C’est le château féodal par excellence, à la fois demeure seigneuriale et forteresse, œuvre remarquable, dans ses proportions assez restreintes, de ce grand art architectural du XIIIe siècle qui a produit tant de beaux édifices. “

En 1892 l’architecte Georges Lasseron procéde à des relevés du site et émet des propositions de restitution du château. Ses relevés et plans sont conservés au musée de Niort.

 

Depuis 1961 l’association des Amis du Château de Coudray-Salbart œuvre à la conservation et à l’animation de la forteresse classée aux Monuments Historiques en 1952. Depuis 2000 c’est la Communauté d’Agglomération du Niortais qui est propriétaire du lieu, celui-ci est visitable toute l’année.

Les illustrations de cet articles sont issues des collections du musée Bernard d’Agesci de Niort et du musée Georges Turpin de Parthenay.

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