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L’ensevelissement d’Atala. Gravure d’après Jean-Baptiste Mallet. musée du Nouveau Monde, La Rochelle.

François-René de Chateaubriand

Issu de la noblesse bretonne François-René de Chateaubriand était destiné à l’église par ses parents. Mais au lieu de cela il s’engagea dans l’armée à dix-sept ans pour rejoindre le régiment de Navarre.

Son nom, illustre, lui facilita l’accès à la cour. Parent du ministre Malesherbes il fut envoyé en 1791 en Amérique. Il aurait passé une partie de son séjour dans le Nouveau Monde au contact des indiens, ce qui fut source d’inspiration pour le récit des aventures d’Atala et Chactas. La nouvelle de la fuite du roi de France et de son arrestaion le convainquirent de rentrer en France.

Atala au tombeau. Anne-Louis Girodet, 1808.

 Il rejoignit alors l’armée des émigrés, mais blessé il finit par s’exiler à Londres. Il rentra en France en 1800 et, déjà connu pour son talent d’écrivain, il finit par entrer au service de Napoléon ; service qu’il quitta lorsqu’il apprit l’assassinat du duc d’Enghien en 1804 pour rejoindre l’opposition royaliste.

Sa carrière politique suivit les fortunes de l’Empire et des Restaurations. Il occupa des postes de ministre ou d’embassadeur jusqu’à la Révolution de 1830 où il se retira de la politique pour se consacrer à l’écriture et notamment à celle de ses Mémoires d’Outre-tombe.

L’œuvre

Premier succès littéraire du jeune auteur, Atala est publié en 1801. Le court récit est une mise en abyme du récit des aventures d’un jeune homme nommé René émigré en Amérique, pris en affection par un vieil indien Natchez dénommé Chactas. Lors d’une veillée de chasse Chactas raconte à René son histoire d’amour tragique avec Atala.

Capturé et promis à la mort par une tribu ennemie alors qu’il était encore jeune homme, Chactas fut sauvé par Atala qui s’était éprise de lui. Ils s’enfuirent ensemble, et , alors qu’ils s’abritaient d’un violent orage elle lui avoua être fille d’un espagnol nommé Lopez et avoir été élevée dans la foi chrétienne. Les jeunes gens trouvèrent refuge chez un missionnaire, le père Aubry, et furent promis au mariage.
Mais, peu après le père Aubry et Chactas découvrirent Atala mourante. Vouée à la virginité par sa mère elle avait préféré le suicide au parjure, ignorant qu’elle pouvait lever cette promesse pour un amour légitime. Avant de décéder elle fit promettre à Chactas de se convertir au christianisme.

La place du récit dans la société du XIXe siècle

Cette oeuvre résonne avec la foi très forte de Chateaubriand et avec son expérience américaine, qui alimenta d’autres récits tels que René. Les deux histoires sont rattachées au Génie du Christianisme, ouvrage qui parut en 1802.

Atala comme René ont influencé le romantisme dans la littérature française au XIXe siècle. Entre admiration de la nature et description des passions contrariées de ses héros, le récit se veut également profondément chrétien, et fait une apologie des valeurs morales de la religion.

Dans la France de l’après Révolution cet ouvrage, opposant une image de la passion destructrice et de la sagesse perçue dans les voies de la religion, a connu un véritable engouement. Outre Girodet et son célèbre tableau Atala au tombeau, de nombreuses gravures et illustrations de ce récit on été diffusées, et ce sur les supports les plus divers, comme l’attestent ces assiettes ornées ou bien cette horloge datant toutes du début du XIXe siècle.

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