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Conium maculatum L., 1753 – Grande ciguë ou Ciguë tachetée

La grande ciguë est une plante de la famille des Ombellifères ou Apiacées. Cette famille compte près de 3 500 espèces dans le monde, toutes sont reconnaissables par leur inflorescence en ombrelle. Citons entre autres ombellifères : la carotte, le céleri, le fenouil, l’anis, l’angélique ou le cerfeuil du proverbe utilisé comme titre… Autant de délicieux légumes et condiments qui ne partagent pas la toxicité légendaire des ciguës.

 

 Je sucerai, pour noyer ma rancœur,
Le népenthès et la bonne ciguë
Aux bouts charmants de cette gorge aiguë
Qui n’a jamais emprisonné de cœur.

extrait de Le Léthé
Les Fleurs du Mal (1857)
de Charles Baudelaire

Quelle empoisonneuse !

La grande ciguë (mais aussi la petite ciguë et la cigüe aquatique) fait partie des plantes vénéneuses les plus renommées pour leur dangerosité en France, elle est très commune et sa toxicité est présente sur l’ensemble de la plante, de la racine aux graines : 6 g de feuille suffisent à tuer un homme. Les antiques athéniens en connaissaient les effets mortels et réalisaient une boisson qu’ils donnaient à leurs condamnés à mort. Ce fut la peine bien connue qui fut infligée à Socrate pour avoir été accusé et reconnu coupable de corruption de la jeunesse.

La mort de Socrate,1787 par Jean-Louis DAVID (Metropolitan Museum of Art - Domaine public)

Pourquoi conserver les herbiers ?

 

En botanique, la constitution d’herbier est une pratique fondamentale liée à la détermination des plantes. On pourrait penser la présentation de planches dessinées ou photographiques plus intéressantes car transcrivant fidèlement l’aspect du végétal frais, il n’en est rien.

En fait, l’herbier est important car, au-delà des aspects historiques et patrimoniaux, il permet la conservation des spécimens, il garde ainsi la trace pour les générations futures des caractéristiques morphologiques mais aussi biologiques des plantes qu’elles soient toujours communes, en voie de raréfaction ou désormais disparues. Et aujourd’hui plus encore qu’hier, avec les développements de la recherche biomoléculaire, ces herbiers offrent tout un potentiel de connaissance à préserver.

Le muséum d’histoire naturelle de La Rochelle conserve des herbiers issus d’acquisitions et de dons divers. La planche extraite ici provient de l’herbier constitué en 1855 par Léon Faye, botaniste travaillant à l’étude des plantes vasculaires de la Charente inférieure, l’actuelle Charente maritime (17). Les herbiers du muséum font l’objet d’une vaste campagne de numérisation menée avec le concours du laboratoire l3i de l’IUT de La Rochelle pour une mise en ligne des collections sur internet et à retrouver, notamment, dans la base des collections d’Alienor.

En bonus, une petite vidéo qui présente la grande ciguë et quelques caractéristiques importantes pour ne pas la confondre avec la carotte sauvage :

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