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Classé monument historique en 1961, ce sarcophage de marbre est cité pour la première fois en 1578 dans le Précis historique de la Ville de Loudun de François Leproust, comme constituant l’autel de l’église Saint-Philibert de Loudun.

En 1843, Gilles de la Tourette, participant à Poitiers au congrès de la Société Française d’Archéologie, en annonce le transfert dans l’église Saint-Léger-du-Château de Loudun, précisant qu’il jouit d’une vénération particulière dans le pays. Il est ensuite signalé en 1857 par Alphonse Le Touzé de Longuemar au manoir de la Bâti près de Loudun, propriété de Gilles de la Tourette. Il s’y trouve encore en 1883, lorsque le père de La Croix attire l’attention de la Société des Antiquaires de l’Ouest sur son état de délabrement.

Perlat le photographie pour Edmond Le Blant, membre de l’Institut, directeur de l’École française d’archéologie de Rome, qui dirige alors (1886) son étude sur Les sarcophages chrétiens de la Gaule. Plus d’un demi-siècle plus tard, Réné Crozet et François Eygun en retrouveront la trace à Crozant (Indre), en 1957, dans une propriété privée. En 1989, Michel Rérolle, conservateur en chef des musées de Poitiers, en fait l’acquisition avec l’aide du F.R.A.M.

 

Bien que mutilé à la Révolution ce tombeau est le plus complet des sarcophages paléochrétiens connus en Poitou. La cuve (2,20 m x 0,78 m) est sculptée, à l’exception de la face postérieure qui devait être plaquée contre un mur. Sur la face latérale gauche, on découvre Daniel, en attitude d’orant, entre deux lions.

Sur la face opposée, se superposent une scène de chasse aux cervidés et celle d’un berger faisant paître son troupeau, thèmes chers à la symbolique chrétienne.
La face principale, très abîmée, s’organise en sept registres encadrés par des colonnes torsadées.
Moïse et le “miracle de la source” et la “guérison du paralytique” se devinent dans les angles. La scène centrale est interprétée comme “Dieu le père présidant à la création d’Adam”.

Cette tombe exceptionnelle, comme les sarcophages de marbre dits “de Gilbert de la Porée”, de Béthesda, et de “La pierre qui pue” mis au jour dans la nécropole de Saint-Hilaire à Poitiers, appartient à la série de sarcophages aquitains de grand luxe répandue dans les milieux aristocratiques chrétiens de l’Antiquité tardive. Le sarcophage de Loudun, dont on ignore le destinataire, est désormais daté du deuxième tiers du Ve siècle.

 

Crédits de cette publication

Cet article a d’abord été publié dans le trimestriel des musées de Poitiers, édition septembre – octobre – novembre – décembre 2007.