Gustave Guillaumet

Peintre de l'Algérie

Les musées des Beaux-Arts de La Rochelle, de Limoges et le musée d’Art et d’Industrie André Diligent/La Piscine de Roubaix se sont associés pour réaliser en 2018-2019 L’Algérie de Gustave Guillaumet, première exposition monographique du peintre Gustave Guillaumet (1840-1887) depuis 1899.

Né le 25 mars 1840, Gustave Guillaumet découvre l’Algérie par hasard alors qu’il devait s’embarquer pour l’Italie. Fasciné par le pays, il lui consacrera sa vie allant jusqu’à vivre comme les Algériens. Au fil de ses séjours prolongés il établit une grande familiarité avec cet espace.

Entre 1862 et 1884, Guillaumet fait dix ou onze voyages, séjournant chaque fois plusieurs mois, parcourant le pays de part en part, vivant tantôt dans les villes, tantôt dans les ksour (villages fortifiés) kabyles ou sous les tentes des nomades (Femmes et enfants sous une tente berbère, musée des Beaux-Arts de La Rochelle) et un des seuls peintres de son temps à pénétrer l’univers féminin maghrébin (Femme arabe vue de face, musée Sainte-Croix, Poitiers), travaillant toujours ses motifs par de nombreux dessins préparatoires (Berbère de dos, capuchon relevé, musée Sainte-Croix, Poitiers). Il accompagne aussi, comme en 1864, les colonnes expéditionnaires françaises ce dont témoigne Campement d’un goum sur la frontière du Maroc ou découvre les franges du désert, magnifié dans Laghouat (musée d’Orsay) évoqué par une jolie Étude de femme au musée des Beaux-Arts de La Rochelle.

 

Le peintre a également parcouru à plusieurs reprises les régions d’Algérie dévastées par les épidémies et la famine qui ont sévi en 1866-1869 dans le Tell et les Hauts-Plateaux. La Famine en Algérie (musée Cirta de Constantine), toile restaurée pour l’exposition grâce à une exceptionnelle levée de fonds, est exposée en 1869. Elle interpelle sans détour le spectateur. Dérouté par l’horreur du motif et la franchise de son exécution, le public du Salon goûte modérément l’œuvre et la critique dénonce une trop grande soumission aux modèles romantiques. Tous lui préfèrent Le Labour (musée des Beaux-Arts de Limoges, dépôt du CNAP), dans lequel le peintre évoque le sort des paysans pauvres d’Algérie, dans un langage plastique très différent où l’accent porte sur l’archaïsme de la tâche et sa pénibilité, en harmonie avec un paysage sauvage et grandiose.

Guillaumet meurt en mars 1887. Sur sa tombe est placée en 1890 une statue en bronze du sculpteur Louis Barrias, représentant une jeune fille algérienne, assise en tailleur, qui effeuille tristement des pétales de jasmin ou d’églantier.

Certaines de ses œuvres sont conservées à Paris, au musée d’Orsay et au Louvre. En Algérie, quelques-unes sont présentes dans les collections publiques du musée national des Beaux-Arts d’Alger, du musée national Cirta de Constantine et du musée national Zabana d’Oran. Bien que très présente dans de nombreux musées de France, et dans les principales expositions consacrées à la peinture orientaliste des dernières décennies, son œuvre reste encore peu connue.

La Famine en Algérie : un tableau à sauver pour l’art et l’histoire

Crédits photographiques : Max Roy pour les musées de La Rochelle. musée Cirta ( dépôt du musée des beaux arts d’Alger)

À l’occasion de l’exposition L’Algérie de Gustave Guillaumet, les musées des Beaux-Arts de La Rochelle et Limoges et La Piscine à Roubaix, soutenus par l’association des Amis des musées d’Art et d’Histoire de La Rochelle, ont lancé une vaste campagne d’appel à participation pour la restauration du tableau La Famine en Algérie. Cette toile emblématique et unique rend compte d’un des moments les plus sombres de l’histoire de l’Algérie française. Peinte avec une très grande empathie, elle témoigne des conséquences tragiques de la colonisation. Elle sera présentée exceptionnellement en France puis restituée à l’Algérie.

Gustave Guillaumet est le seul artiste français à avoir représenté les tragiques événements qui ont touché la population algérienne dans les premières décennies de la colonisation. Témoin de la conquête, il dénonce une situation dramatique qui décime le pays entre 1866 et 1868. Un tiers de la population algérienne périt alors suite aux épidémies et à la famine ; imputables en grande partie à la sécheresse, elles sont aggravées par les ruptures de liens traditionnels et la diminution des terres de nomadisme causées par la colonisation.

 

Crédits :

Rédaction et supervision scientifique : Annick Notter, conservateur honoraire des musées de La Rochelle.

Remerciements :

Mélanie Moreau, directrice par intérim des musées d’art et d’histoire de La Rochelle.
Barbara Favreau, agent de récolement et de documentation aux musées d’art et d’histoire de La Rochelle.
Alain Leprince, photographe du musée de La Piscine de Roubaix.

Les œuvres de Gustave Guillaumet dans les musées :

Retrouvez toutes les œuvres de Gustave Guillaumet dans les musées du réseau alienor.org, Conseil des musées en suivant ce lien :

Collections des musées

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