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Reprise, fusion et création

Henri Amirault, lorsqu’il se retrouve à la tête de la faïencerie, récupère les moules des pièces créées par Prosper Jouneau, et relance la production sur cette base avant de créer ses propres formes. Il existe ainsi une production marquée du monogramme propre aux réalisations d’Amirault, mais reprenant exactement les dessins de Jouneau, à l’instar de ce vase aux serpents bicéphales conservé au musée de Parthenay.

Amirault est financièrement très engagé et sa fortune personnelle ne se relèvera jamais vraiment des lourds investissements qu’il a consentis pour l’entreprise. D’ailleurs à son décès, en 1914, toutes les dettes ne sont pas apurées.

Amirault ne se contente pas de reproduire à l’identique les pièces inventées par Prosper Jouneau, il joue avec les formes, conjugue des pièces et surtout, crée des modèles originaux.

Malgré des débuts difficiles, les meilleurs ouvriers de la faïencerie ayant démissionné à la suite du départ de Jouneau, emportant leur précieux savoir-faire, Amirault a su les convaincre de revenir, leur offrant une certaine reconnaissance, puisqu’ils peuvent laisser leur « marque » sous la forme d’un monogramme sur les pièces qu’ils réalisent.

Exemple de monogrammes apposés sur les vases produits par la faïencerie sous la direction d’Henri Amirault.

Vase aux serpents bicéphales reprenant à l’identique un dessin de Prosper Jouneau.

Le retour de collaborateurs de valeur tels que Clémentine Pétrault-Émoneau permet non seulement à la faïencerie de retrouver la qualité technique de sa production passée, mais de proposer des formes originales.

L’effectif de la faïencerie n’a jamais dû dépasser une demi-douzaine de personnes, deux ou trois décorateurs, un mouleur, un apprenti et une personne chargée des fours. Toute la production est moulée. Elle est constituée d’éléments façonnés et cuits séparément, décorés, auxquels on ajoute les différentes appliques, puis qui sont émaillés. Ce n’est qu’une fois que tous les morceaux sont prêts que l’on procède au montage. Celui-ci sera fait soit à l’aide d’une vis métallique, soit à la colle de barbotine : col, panse, piédouche, mais aussi anses et autres éléments. On retrouve ainsi le même motif de panse sur une lampe et sur un soliflore, ou un piédouche identique sur une aiguière et une coupe couverte. Cela explique l’extrême richesse et la grande variété de la production de l’entreprise.

En 1902, Henri Amirault, âgé de 78 ans, décide de confier la direction de la faïencerie à Édouard Knoëpflin un jeune céramiste de talent qui dispose d’une solide expérience.

La faïencerie, héritière d’une tradition locale.

La faïencerie, créée sous l’impulsion de Prosper Jouneau, a été en exercice de de 1882 à 1910. Malgré des difficultés financières la qualité de sa production a toujours été reconnue….
Elle fut importante pour notre ville de par sa qualité exceptionnelle, et parce que ses trois principaux auteurs, Amirault, Jouneau et Knoëpflin, ont su créer une passerelle entre la grande tradition faïencière du XVIe siècle, avec les mythiques faïences de Saint-Porchaire, et la production moderne de l’Art nouveau.